L'eau chaude, ce poste du DPE que personne ne regarde à Chartres

La vieille ville de Chartres
Calips / Wikimedia Commons (CC BY 2.5)

En bref

À Chartres, 42,1 % des logements produisent leur eau chaude sanitaire à l'électricité, 40,1 % au gaz naturel et 15,3 % par le réseau de chauffage urbain. Cette répartition ne recouvre pas celle du chauffage : de nombreux logements combinent deux énergies différentes, et le DPE les compte toutes les deux.

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Un poste à part entière, pas un détail

Le DPE ne calcule pas seulement le chauffage. Il additionne cinq usages : le chauffage, l'eau chaude sanitaire, le refroidissement, l'éclairage et les auxiliaires comme les pompes et ventilateurs.

L'eau chaude est le deuxième poste en importance, et c'est le seul qui fonctionne toute l'année. Contrairement au chauffage, qui s'arrête en avril, un ballon produit de l'eau chaude en juillet comme en janvier.

Deux énergies qui ne coïncident pas

C'est le point que la plupart des propriétaires ignorent : l'eau chaude n'est pas forcément produite par l'énergie qui chauffe le logement.

À Chartres, la répartition de l'eau chaude est de 42,1 % à l'électricité, 40,1 % au gaz naturel et 15,3 % par le réseau de chauffage urbain. Celle du chauffage est différente : le gaz y domine avec 6 470 diagnostics, devant l'électricité avec 5 238.

Autrement dit, des milliers de logements chartrains sont chauffés au gaz mais produisent leur eau chaude avec un ballon électrique. Le diagnostic compte les deux, séparément.

Pourquoi ça pèse plus sur les petits logements

La consommation d'eau chaude dépend surtout du nombre d'occupants, pas de la surface. Un studio et un cinq-pièces chauffent à peu près la même quantité d'eau par personne.

Rapportée au mètre carré, unité dans laquelle s'exprime l'étiquette, cette consommation pèse donc beaucoup plus lourd dans un petit logement. C'est précisément la raison pour laquelle un correctif de calcul a été introduit en juillet 2024 pour les logements de 40 m² et moins, qui étaient structurellement pénalisés.

Le ballon électrique, cas le plus fréquent

Le chauffe-eau électrique à accumulation équipe une large part du parc chartrain. Sa consommation est régulière, prévisible, et elle ne dépend d'aucun geste de l'occupant une fois le thermostat réglé.

Bonne nouvelle pour ces logements : la réforme du 1er janvier 2026, qui a fait passer le coefficient de conversion de l'électricité de 2,3 à 1,9, s'applique aussi à l'eau chaude. Un logement dont le chauffage et l'eau chaude sont électriques bénéficie donc deux fois de ce changement de règle.

Individuel ou collectif, là aussi

La production d'eau chaude suit la même logique de gouvernance que le chauffage. À Chartres, elle est individuelle dans 57,6 % des cas et collective dans 27,4 %.

En collectif, vous ne décidez pas seul : le remplacement d'une production centralisée se vote en assemblée générale. En individuel, changer un ballon est une intervention rapide, sans autorisation, et c'est souvent le geste le plus accessible pour améliorer un diagnostic sans toucher au bâti.

Le levier concret : le ballon thermodynamique

Sur un logement individuel équipé d'un ballon électrique classique, le remplacement par un chauffe-eau thermodynamique est l'un des rares gestes qui améliore le diagnostic sans travaux sur l'enveloppe.

Ce type d'appareil récupère les calories de l'air pour chauffer l'eau, avec un rendement bien supérieur à une résistance électrique. Il demande un volume d'air suffisant, ce qui suppose une cave, un garage ou un local technique. Sur un appartement sans ce volume, la solution ne s'applique pas.

L'atout chartrain : le réseau de chaleur

Une particularité locale mérite d'être connue. Le réseau de chauffage urbain dessert 2 682 logements chartrains pour le chauffage, soit 18 % du parc, et 2 233 pour l'eau chaude.

Son résultat est le meilleur de toutes les énergies mesurées ici : seulement 0,3 % de passoires parmi les logements qu'il chauffe. Pour un immeuble situé sur son tracé, le raccordement traite le chauffage et l'eau chaude d'un seul geste, ce qui explique une bonne part de cet écart.

À l'opposé, le fioul reste le point noir

Le contraste est brutal. Les 133 logements chartrains encore chauffés au fioul affichent 63,9 % de passoires classées F ou G, et aucun n'atteint les classes A ou B.

Pour ceux-là, le sujet n'est ni l'eau chaude ni les combles : c'est la sortie du fioul. Aucun autre levier ne compense un contenu carbone aussi élevé, puisque la classe retenue est toujours la plus mauvaise des deux jauges du diagnostic.

Ce que nous conseillons de vérifier

Ouvrez votre diagnostic et cherchez la ligne consacrée à l'eau chaude sanitaire : elle indique son énergie et son type d'installation. Comparez-la à celle du chauffage, elles diffèrent plus souvent qu'on ne croit.

Si les deux sont électriques et que le document date d'avant le 1er janvier 2026, refaites-le : le nouveau coefficient s'applique aux deux postes et l'ancien document sous-estime nettement le bien. Le reste suit le dossier de vente, avec l'état des risques à vérifier par adresse, Chartres cumulant l'inondation de l'Eure et les cavités selon le secteur.

Questions fréquentes

L'eau chaude compte-t-elle vraiment dans le DPE ?

Oui, c'est le deuxième poste après le chauffage, et le seul qui fonctionne toute l'année. Le diagnostic additionne cinq usages : chauffage, eau chaude sanitaire, refroidissement, éclairage et auxiliaires.

Mon eau chaude utilise-t-elle la même énergie que mon chauffage ?

Pas forcément. À Chartres, 42,1 % des logements produisent leur eau chaude à l'électricité alors que le gaz domine le chauffage. Des milliers de logements combinent chaudière gaz et ballon électrique.

Pourquoi les petits logements sont-ils pénalisés ?

Parce que la consommation d'eau chaude dépend du nombre d'occupants, pas de la surface. Rapportée au mètre carré, elle pèse donc beaucoup plus lourd dans un studio. Un correctif existe depuis juillet 2024 pour les logements de 40 m² et moins.

Le chauffe-eau thermodynamique améliore-t-il le DPE ?

Oui, c'est l'un des rares gestes qui améliore le diagnostic sans travaux sur l'enveloppe. Il demande toutefois un volume d'air suffisant, cave, garage ou local technique : il ne convient pas à tous les appartements.

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